Category: Livres,Entreprise et Bourse,Economie
La Prosprit de masse Details
Dans ce livre, le prix Nobel d'économie Edmund Phelps s'interroge : pourquoi les nations prospèrent-elles ? Qu'est-ce qui menace aujourd'hui les sources de cette prospérité en Europe et aux Etats-Unis ? Revenant sur l'incroyable décollage qu'ont connu les pays européens et l'Amérique entre 1820 et 1860, Edmund Phelps montre que celui-ci n'a pas seulement entraîné un enrichissement matériel sans précédent : il a également contribué à l'épanouissement de larges pans de la société. Le secret de cette réussite exceptionnelle, Phelps l'attribue aux valeurs modernes, qui sont les ressorts profonds de l'innovation : curiosité, désir de créer, goût du défi... L'innovation n'est pas seulement le fait de quelques visionnaires isolés, tels Henry Ford ou Steve Jobs : elle concerne des millions d'individus prêts à concevoir, à développer et à commercialiser de nouveaux produits et services. Comment renouer aujourd'hui avec l'innovation de masse et la croissance qui l'accompagne ? C'est tout l'enjeu de ce livre, qui montre de manière magistrale comment s'articulent enrichissement collectif et aspirations individuelles. Un livre très concret et de grande envergure intellectuelle.
Reviews
Edmund Phelps, le prix Nobel d?conomie 2006 s?interroge, dans ce passionnant ouvrage, sur ce qui peut expliquer le dveloppement indit d?une forte croissance au XIXme sicle, ayant men de fortes hausses de salaires et de l?emploi et une amlioration trs nette des conditions de vie. Et surtout, dans la parfaite ligne des questionnements actuels des conomistes, il se demande ce qui peut expliquer que l?lan puissant vers cette prosprit se soit progressivement tari au cours du XXme sicle. Ce qui lui permet d?explorer les voies permettant d?y remdier.Tout l?objet de son tude consiste dmontrer que c?est l?innovation endogne qui est au c?ur du dveloppement et qui, seule, peut conduire la prosprit. Ne pas le comprendre risque, dit-il, de conduire prendre des mesures qui ne feront qu?puiser le dynamisme du pays considr.Les initiatives en matire de lgislation et de contrle, autrement dit, n?ont rien voir avec une stimulation de l?offre ou de la demande . Ce sont des valeurs qui ne sont plus autant acceptes qu?auparavant, comme le changement, la difficult, la passion de l?originalit, la dcouverte, le besoin de sortir du lot, qui se trouvent l?origine de l?panouissement et de la prosprit grande chelle des socits modernes.La force de cet ouvrage est de nous replonger dans l?histoire de la prosprit en Occident, pour mieux nous en faire percevoir et comprendre les fondements. C?est aussi ce qui en fait un ouvrage trs riche et absolument passionnant.Mais c?est aussi par la comprhension de ce pass et des mcanismes en ?uvre dans notre prsent que nous pouvons tre mme de mieux percevoir les causes de la rgression et tre mme de pouvoir les contrer. Il s?agit donc, mon sens, d?un ouvrage majeur.Pendant la plus grande partie de l?humanit, si l?on remonte jusqu? au moins l?Antiquit grecque et romaine, les innovations se sont rvles insuffisantes pouvoir amliorer significativement la productivit ou les conditions de vie du commun des mortels, la routine et les pratiques familires restant la norme, comme le montrait Fernand Braudel. Sans que l?on puisse prtendre pour autant que les humains n?exeraient pas leur imagination et leur crativit, bien au contraire (y compris durant la prhistoire).Le commerce, certes, a prospr trs tt entre des cits-Etats (XIVe et XVe sicles notamment), puis des Etats-nations, mais s?est cantonn la conqute de nouveaux marchs et la question de la production marchande, sans que l?on relve l encore d?amlioration notoire ni de la productivit, ni du salaire rel par travailleur (qui tait mme plus bas en 1800 qu?en 1200 en Angleterre, selon une tude de Clark).Edmund Phelps s?intresse donc aux tendances longues, remontant en particulier 1500, mais surtout aux sources du vritable dcollage fondamental des annes 1820 en Grande-Bretagne (dont il montre qu?elles ne trouvent pas d?explication par les analyses traditionnelles en termes d?accumulation du capital, d?conomies d?chelle, d?changes marchands ou de commerce international, encore moins par l? historicisme , que dnonait Karl Popper ds 1957), puis des annes 1960 aux Etats-Unis, pays qu?il qualifie de pionniers, sans oublier les priodes de gloire qu?ont pu connatre leur tour d?autres pays comme la France et l?Allemagne notamment, avec un certain effet d?entranement entre-eux. Les Pays-Bas, ou mme la Sude ou l?Italie, entre autres, ont eu eux aussi leur moment-phare, mais dans des conditions pas tout fait similaires, si l?on distingue ce qui relve des tendances vritablement de fond et les mouvements de croissance sporadiques, mme sur une ou plusieurs dcennies, qui ne peuvent tre assimiles la vritable prosprit.Selon Edmund Phelps, les taux de croissance ne permettent pas de mesurer vritablement le dynamisme d?un pays. La vibrance , au sens de Schumpeter, c?est--dire un esprit disposer agir, faire le travail, qui peut rsulter d?une bonne capacit d?imitation, peut ainsi conduire momentanment ce que l?on croisse aussi vite, voire plus, qu?un pays dynamique, sans que cela soit ncessairement durable. Ainsi, plus rcemment, la priode de forte croissance du Japon aprs guerre (1950-1990) ou de la Chine aujourd?hui ne sont-elles par exemple pas assimilables, selon lui, cette tendance de fond qu?il cherche analyser. Bases sur l?imitation ou la croissance exogne, elles ne portent pas en elles les ressorts de ce que l?on appelle une conomie dynamique.Un dynamisme qui, selon lui, repose sur une myriade de liberts conomiques, que nous devons notre dmocratie occidentale, et dont il prsente de nombreuses illustrations travers son ouvrage.L?antagonisme fondamental sur lequel repose l?histoire de l?Occident, que notre auteur va exposer de manire passionnante, ne procde donc pas des oppositions traditionnelles entre socialisme et capitalisme, ni entre catholicisme et protestantisme, mais entre valeurs modernes et valeurs traditionnelles ou conservatrices. Expression de la crativit, got de l?exploration pour elle-mme, ou encore intrt pour le dveloppement personnel en tant que tel, sont ces valeurs modernes que l?humanisme de la Renaissance, les philosophies existentielles et les Lumires ont permis de faire merger.C?est cet antagonisme fondamental entre valeurs modernes et valeurs traditionnelles qui, selon Edmund Phelps, explique que, en raison des bouleversements sociaux entrans par les valeurs modernes et des menaces ainsi apparues envers les traditions, les sources de la prosprit semblent s?tre taries.Un ouvrage trs instructif et trs complet, dont je conseille ardemment la lecture.


Tidak ada komentar:
Posting Komentar