Category: Livres,Romans et littérature,Littérature française
Les cerfs-volants (Folio t. 1467) Details
Pour Ludo le narrateur, l'unique amour de sa vie commence à l'âge de dix ans, en 1930, lorsqu'il aperçoit dans la forêt de sa Normandie natale la petite Lila Bronicka, aristocrate polonaise passant ses vacances avec ses parents. Depuis la mort des siens, le jeune garçon a pour tuteur son oncle Ambroise Fleury dit le facteur timbré parce qu'il fabrique de merveilleux cerfs-volants connus dans le monde entier. Doué de l'exceptionnelle mémoire historique de tous les siens, fidèle aux valeurs de l'enseignement public obligatoire, le petit Normand n'oubliera jamais Lila. Il essai de s'en rendre digne, étudie, souffre de jalousie à cause du bel Allemand Hans von Schwede, devient le secrétaire du comte Bronicki avant le départ de la famille en Pologne, où il les rejoint au mois de juin 1939, juste avant l'explosion de la Seconde Guerre mondiale qui l'oblige à rentrer en France.Alors la séparation commence pour les très jeunes amants... Pour traverser les épreuves, défendre son pays et les valeurs humaines, pour retrouver son amour, Ludo sera toujours soutenu par l'image des grands cerfs-volants, leur symbole d'audace, de poésie et de liberté inscrit dans le ciel.

Reviews
Il me coûte de commencer par citer Nicolas Sarkozy, mais je lui suis redevable sur ce point. C??est un tweet de Sarkozy, en réponse à un tweet lui demandant des conseils de lecture, «Pas un seul chagrin résiste à la lecture d'un bon livre. Si tu es sentimental je te conseille les "Cerfs-volants" de R.Gary » qui m??a mis sur la trace de ce livre.Romain Gary est depuis longtemps un de mes écrivains préférés. Mais je pensais que ce livre est une sorte de fin d??inspiration écrit en fin de vie. Un peu pour vérifier si M. Sarkozy ne dit pas encore une nouvelle grande idée à laquelle je n??adhère pas (non plus), j??ai lu. Et j??ai trouvé que ce roman de Gary est aussi lumineux que ses autres textes. Illustration de cette luminosité ? Une citation de ce livre : "Elle jouait avec sa chevelure et ses yeux, si bleus qu'il devait en coûter au ciel, avaient pris cette expression de gravité qui était toujours chez elle comme un hommage qu'elle rendait au rêve" (p.70). Le reste du livre est du même tonneau.A côté de critiques de la classe des soi-disant puissants, « l??opulence de leur train de vie cachait des désastres et des situations quasi désespérées, de celles que seuls les signes extérieurs de richesse permettent de dissimuler » (p.69), on y trouve des liens évidents avec le parcours de Gary : « Peut-être ai-je aimé trop tôt, trop jeune, de tout mon être, et qu??il ne restait plus en moi de place pour rien d??autre » (p. 109). Pour qui a lu le sublime « Promesse de l??aube », il est évident que cette dernière phrase fait allusion à l??amour de Gary pour sa mère.Mais le message principal de ce livre, selon moi, est contre l??excès de lucidité et de bon sens menant à la résignation : « Il faut se méfier d??un excès de lucidité et de bon sens : la vie y laisse quelque fois ses plus belles plumes (p.205) », « La civilisation n??est d??ailleurs qu??une façon continue de tordre le cou aux choses telles qu??elles sont » (p.241).Aviateur et héros de la deuxième guerre mondiale, il n??en garde aucune haine : « Je n??avais pas envie de tuer des hommes, et lorsqu??on arrive à distinguer un S.S. d??un homme, il est déjà trop tard, il est mort» (p.352). Les ressorts de Gary sont l??âme humaine, le courage, l??amour et l??espoir, « L??espoir nous joue souvent ces tours-là, mais c??est de ces tours-là qu??on vit après tout » (p.243). Et toujours rêver, rêver haut aussi haut et coloré que les cerfs volants.La fin du roman est aussi intense et riche que tout le livre.C??est un livre sur l??élévation de l??âme humaine, vue comme un cerf-volant qui monte dans le ciel. Et tel un cerf-volant l???uvre de Gary nous élève au-dessus des innombrables médiocrités et horreurs du XX° siècle et, espérons-le, celles redoutées au XXI°


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